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Tout savoir sur les techniques d’apnée 

4 septembre 2024

L’apnée, ou freediving, est une discipline qui regroupe plusieurs techniques permettant d’explorer l’océan et de repousser ses limites personnelles. Cet article détaille les trois principales techniques d’apnée : l’apnée statique, l’apnée dynamique et l’apnée profonde, en piscine comme en eaux libres. Chaque technique d’apnée s’adresse à des profils spécifiques d’apnéistes et requiert des précautions particulières pour être pratiquée en toute sécurité.
L’apnée sportive comprend : l’apnée statique et l’apnée dynamique. Les deux peuvent se pratiquer en mer, comme en piscine.

L’apnée dynamique implique de nager sous l’eau et à l’horizontale sur la plus longue distance. Il y a deux catégories en compétition : avec palmes (DYN) ou sans palmes (Dynamic No Fins).

En apnée statique, le plongeur doit s’immerger dans l’eau et retenir sa respiration le plus longtemps possible et le but est de tenir autant qu’il peut sans oxygène sous l’eau.

1. L’apnée statique

Qu’est-ce que l’apnée statique ?

L’apnée statique est une forme de freediving où l‘apnéiste reste immobile, généralement en position horizontale, et tente de retenir sa respiration le plus longtemps possible. Cette discipline se pratique souvent en piscine ou en eau peu profonde.

À qui s’adresse l’apnée statique ?

Idéale pour les débutants, ce type d’apnée permet de se familiariser avec les sensations d’hypoxie (manque d’oxygène) et d’hypercapnie (accumulation de dioxyde de carbone). Toutefois les apnéistes expérimentés, l’utilisent pour développer la tolérance à l’hypoxie, améliorer la relaxation et pratiquer la gestion mentale.

Équipement et entraînement pour l’apnée statique

Le matériel d’apnée se réduit au minimum : 

  • Une combinaison d’apnée pour être confortable et éviter d’avoir froid. La plupart des combinaisons d’apnée sont faites de deux pièces avec cagoule pour une protection thermique idéale.
  • Un masque ou des lunettes et un pince-nez octopus oxygen ; c’est à l’apnéiste de trouver la configuration la plus confortable pour lui.

L’entraînement consiste à se détacher du temps d’apnée, en se focalisant sur le relâchement, la détente.

On dénombre deux phases dans cette plongée : l’easy going et le struggle.
Durant la première phase, on est à l’aise, confortable, d’où son nom, on n’éprouve pas le besoin de respirer. Puis vient une série de contractions désagréables durant lesquelles il faut avoir la force mentale de résister, pour reculer le moment de respirer.

La durée des apnées augmentera progressivement sous la surveillance d’un coach ou partenaire pour éviter toute syncope. L’idée étant d’améliorer la tolérance au niveau de CO2, induit par ces apnées. 

2. L’apnée dynamique

Qu’est-ce que l’apnée dynamique ?

L’apnée dynamique consiste à nager sous l’eau sur la plus grande distance possible en retenant sa respiration. Elle peut être pratiquée en piscine (avec ou sans palmes) ou en mer. C’est un bon moyen de travailler la propulsion comme la tolérance à l’effort et au CO2.

À qui s’adresse l’apnée dynamique ?

L’apnée dynamique est accessible aux apnéistes intermédiaires ayant déjà une certaine expérience. Elle requiert des compétences en natation et une bonne coordination. En compétition, la condition physique et mentale des athlètes leur permet de parcourir la plus grande distance possible.

Équipement et entraînement pour l’apnée dynamique

  • Comme pour l’apnée statique, le port d’une combinaison d’apnée est requis, mais le choix de celle-ci est primordial pour une glisse optimale.
  • Le masque ou les lunettes s’avèrent une excellente option, parce que la vision est nécessaire pour le virage. Les palmes en fibre ou en carbone quant à elles ont la préférence dans cette discipline et, en compétition, la monopalme prévaut.

Enfin, un pince nez octopus oxygen et un plomb de cou en guise de lestage, permet une nage parfaitement horizontale sans avoir besoin d’y penser.

L’entraînement se passe aussi bien hors de l’eau que dans l’eau. En effet, le travail musculaire et le cardio favorisent le gain de puissance, sans toutefois chercher à augmenter le volume musculaire.

Il faudra alterner l’apnée statique et dynamique, suivies de ventilations, le tout sous la surveillance d’un partenaire.

Améliorer sa technique de nage est aussi important pour une meilleure glisse, tout en économisant l’énergie. Echauffement, respiration et récupération doivent faire partie de votre entraînement. Il est aussi essentiel de parvenir à un mouvement minimaliste suffisant pour enchaîner les longueurs de bassin ou d’alterner impulsion et glisse.

Cette apnée se pratique aussi bien en piscine qu’en mer, lors des entraînements.
En compétition, on appelle DYN l’apnée dynamique avec bi-palmes ou monopalme et DNF la Dynamic no Fins (sans palmes).

Enfin, l’apnée profonde est considérée comme la discipline reine. Elle fascine, car au-delà du mythe, elle prouve qu’en alliant condition physique et mental, on peut descendre à des profondeurs autrefois inimaginables et défier la logique.

3. L’apnée profonde

Qu’est-ce que l’apnée profonde ?

L’apnée profonde, également connue sous le nom de plongée libre ou descente en poids constant, consiste à descendre à la plus grande profondeur possible en retenant sa respiration. Cette technique peut être pratiquée avec des palmes, en monopalme, ou sans palmes.

À qui s’adresse l’apnée profonde ?

L’apnée profonde est réservée aux apnéistes expérimentés qui ont une bonne maîtrise des techniques de respiration, de compensation et de relaxation. Elle nécessite une excellente condition physique et mentale. C’est aussi ce type d’apnée qui donne la possibilité d’explorer les profondeurs de l’océan et d’observer la vie marine.

Équipement et entraînement pour l’apnée profonde

Comme l’entraînement peut se faire en fosse ou en milieu naturel, l’équipement est variable suivant la température de l’eau.

  • On passe d’un maillot de bain à la combinaison d’apnée deux pièces avec une cagoule, suffisamment chaude mais pas trop épaisse pour ne pas accentuer la flottabilité.
  • Le masque destiné aux profondeurs doit être de faible volume, mais on peut aussi s’en passer. Souvent les apnéistes lui préfèrent des lunettes spécifiques remplies d’eau pour ne pas faire ventouse et qui ne gênent pas la vision. La visibilité, avec ou sans masque, doit être suffisante pour saisir la plaquette au bon moment. Le tuba est une option que certains apnéistes utilisent pour se ventiler, en surface.
  • Le pince-nez octopus oxygen est recommandé car il permet d’équilibrer sans toucher son nez, donc d’éviter les mouvements inutiles.
  • On utilise une monopalme ou bi-palmes, les deux sont utilisables en verticale (en bassin) ou en profondeur (fosse ou milieu naturel)
  • Le lestage doit être calculé en amont pour atteindre le point de flottabilité neutre,  en fonction de la profondeur, et réparti entre le cou et la ceinture.
  • L’ordinateur de plongée est, pour ce type d’apnée, un indicateur indispensable pour gérer le temps, la profondeur et la récupération avec des alarmes sonores.
  • La sécurité est assurée par un câble accroché en surface à une bouée ou plate-forme, le long duquel l’apnéiste descend. Lui-même est attaché par une longe au câble et relié à un contrepoids qui permet de le remonter en cas d’urgence. Le long du câble, des repères visuels permettent au plongeur de se repérer, et au fond, une plaque lestée ne lui permet pas d’aller plus loin. Parfois, un éclairage complète le tout.

Une seule règle : être parfaitement formé et informé des risques et maîtriser les techniques de compensation, de sécurité et de gestion de l’oxygène. Dans les grandes profondeurs, la narcose à l’azote, le barotraumatisme et le risque de syncope sont plus élevés. Votre instructeur est en charge de planifier et sécuriser votre plongée.

A l’entraînement comme en compétition, la technique doit être parfaitement exécutée pour économiser ses réserves d’énergie. Le plongeur inspire, effectue un canard, équilibre ses oreilles, puis commence à descendre en palmant lentement, jusqu’au point de flottabilité neutre. Ensuite, il descend en chute libre tout en continuant d’équilibrer.
La compensation se fait de trois façons : soit avec la manœuvre classique de Valsava, soit  avec la méthode Frenzel, soit en BTV (Béance Tubaire Volontaire) ou Delonca. Cette dernière n’étant pas donnée à tout le monde.

Une fois la plaque de fond atteinte, la remontée se fait le long du câble, pouce vers le haut. C’est un moment critique, le plus propice à la perte de connaissance, qui demande une grande concentration et un effort jusqu’à atteindre le point de flottabilité positive qui fera remonter les derniers mètres en mode “éco”.

Lors des derniers mètres de sa remontée, le compétiteur est accompagné par un apnéiste de sécurité pour lui éviter la syncope. Une fois en surface, il est assisté et doit assurer qu’il se sent bien dans les 30 secondes maximum, en faisant un signe. Ensuite, vient le temps de repos.

L’apnée profonde inclut différentes disciplines qui sont : 

Poids constant (CWT) : avec palmes (CWT) ou sans palme(s) (CNF = Constant weight apnea without fins), l’apnéiste descend et remonte à l’aide des ses bras et/ou en palmant.
Immersion libre (FIM) : sans palmes, l’apnéiste descend et remonte en se tractant le long du câble, à la seule force des bras.
Poids variable (VWT) : l’apnéiste descend au moyen d’une gueuse lestée et remonte soit en palmant, soit en exerçant une traction sur le câble.
No Limits (NL) : l’apnéiste atteint de grandes profondeurs au moyen d’une gueuse lestée et contrôlée et remonte à l’aide d’une bouée parachute.

L’apnée regroupe plusieurs techniques sous le même nom, pourtant très différentes et adaptées à des niveaux d’expérience et d’objectifs distincts

Débutant ou confirmé, vous devez d’abord apprendre à maîtriser la technique et rester prudent. Passez par une école où une formation vous sera dispensée, utilisez le bon équipement et veillez à votre sécurité en respectant les précautions nécessaires. Chaque technique d’apnée – statique, dynamique ou profonde – offre une opportunité unique de se connecter avec l’eau et de repousser ses propres limites. L’essentiel est de le faire de manière responsable et éclairée, pour garantir une expérience enrichissante et sûre.

Envie d’en savoir plus ? Consultez notre guide complet dédié à la plongée en apnée.

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